Jean-Marc - Mes Contes Fantastiques

Récits Fantastiques - Science Fiction - Policiers - Fictions - Divers

14 mai 2008

Lueur Bleue (suite 2/2)

Chapitre 9

NOUVELLE PEUR

         Confiants, trop peut-être, des émissaires politiques et scientifiques de tous horizons, se faisaient un devoir d'escorter les humanoïdes afin de leur faire découvrir la Terre et ses merveilles. Chaque nation voulait avoir le privilège d'accueillir ces hôtes extraordinaires comme si le temps était compté. Pour l'instant en effet, il n'avait jamais été question de repartir.

Les cinq furent baptisés Amoniens, en raison du nom qu'ils avaient donné arbitrairement à leur monde disparu, afin que leurs interlocuteurs terrestres aient une identité à leur attribuer. Leur planète Amon fut décrite comme très proche dans sa constitution que la Terre. Il y avait un équivalent de notre flore, mais aucune faune, les animaux, au sens où nous le comprenons, ayant disparu depuis longtemps. Les amoniens n'avaient besoin pour vivre que d'un échange moléculaire avec la flore. Leur atmosphère était compatible avec notre air et ceci expliquait leur acclimatation immédiate. Quant à leur morphologie réelle et à leur anatomie, mis à part leur forme vaguement humanoïde, il n'y avait presque rien de comparable avec le corps humain. L'ensemble de leurs sens transitait par télépathie, à un niveau tellement puissant que la vision, l'audition, et, dans une certaine mesure, le toucher étaient intégrés dans cette faculté mentale. Ils expliquèrent aussi que leur corps tout entier faisait office de cerveau et qu'il était un seul et même ensemble vital. Ainsi, il n'y avait pas de systèmes différenciés pour des fluides drainant des fonctions de régénérescence, comme le sang par exemple chez les humains.

          La visite de leur vaisseau avait été longuement reportée pour, selon les visiteurs, des raisons sanitaires. Il y avait des risques, toujours selon eux, que leur énergie de propulsion ait pu contaminer les installations internes. Tout comme sur Terre, ils avaient maîtrisé la réaction en chaîne de particules élémentaires pour générer une énergie. Mais la poussée et l'autonomie qu'autorisait cette forme d'énergie était sans comparaison avec ce qui se faisait de mieux sur Terre avec l'atome.

          Finalement, une semaine après le crash, les naufragés de l'espace avaient réussi à confiner leur propulseur et donc à rendre inoffensive la visite de l'intérieur de leur engin. Une délégation de scientifiques accompagnés des représentants du CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) et des interlocuteurs privilégiés des tous premiers entretiens, fut invité à pénétrer dans l'immense navire spatial. Tout suscitait la fascination, mais ce qui étonna le plus les hommes fut l'apparente simplicité de l'environnement: pas de tableau de bord supportant des milliers de commandes, pas d'écran, pas de siège où aurait trôné le commandant de bord. On ne s'imaginait pas à bord d'un vaisseau intergalactique. Alors que de l'extérieur on ne voyait rien des aménagements intérieurs, vu de l’intérieur, les parois partiellement translucides permettaient de voir la plage presque comme au travers d'une vitre épaisse. Seule la partie centrale de l’appareil fut inaccessible parce qu'elle abritait la source d'énergie et qu'elle était dangereuse.

          Les études sur la matière dont était faite le vaisseau révélèrent des similitudes avec des composés minéraux et organiques de notre planète. Ceci corroborait la thèse d'une racine commune dans les origines des deux systèmes de planètes. En de nombreux points, la vie sur leur planète ressemblait à la nôtre, ils avaient évolué de la même manière, la science leur ayant seulement permis de le faire beaucoup plus rapidement. Une nouvelle fois pourtant le petit groupe qui s'était constitué autour de Nicol et qui partageait ses soupçons remarqua que les étrangers n'étaient pas très loquaces quand on leur demandait des détails sur la vie sociale, la population de leur monde, la pérennité qu'avaient leur planète et ses ressources avant la catastrophe. En un mot, ils se confiaient presque exclusivement sur des aspect technologiques comparables aux nôtres, sans jamais aborder le sujet crucial de la relation psychologique. Ainsi, on ne sut pas comment était dirigé leur monde, s'ils avaient une forme de hiérarchie politique, s'ils avaient connu les conflits, choses qui intéressaient pourtant les dirigeants des Etats qui auraient bien aimé avoir une source d'inspiration.

          C'est l'observatoire du VLT qui fut le premier à déceler "quelque chose" dans le fouillis d'étoiles et qui leur parut étrange. Depuis la pluie de météorite et le crash du vaisseau, l'observation du ciel avait mobilisé tous les astronomes, des plus illustres aux amateurs éclairés. C'est dans ce contexte que l'approche de quatre autres OVNI fut annoncée au monde. D'abord envisagée comme une nouvelle pluie d'astéroïdes, la découverte de nouveaux vaisseaux intrigua toute la communauté scientifique, puis les hommes d'Etat. Tout naturellement, l'information fut transmise à Reban et ses amis en émettant l'hypothèse qu'ils n'étaient pas les seuls rescapés de leur planète. Mais ceux-ci, pris de panique firent des révélations assez inattendues: alors qu'ils s'étaient tus jusque là sur l'origine exacte de la catastrophe qui avait anéantit leur monde, ils expliquèrent qu'une guerre avait éclaté avant leur fuite. L'explosion n'était pas due à un dérapage technologique, mais à une montée en puissance du conflit qui avait abouti à l'utilisation d'armes de destruction à la puissance colossale et leur planète n'y avait pas survécu. Ils avaient volontairement occulté cette partie de leur histoire pour préserver une image plus positive de leur monde. De plus en plus, cette planète avait des ressemblances avec la Terre et avec ses démons.

La vitesse avec laquelle les quatre OVNI se rapprochaient, prouvait que, de toute évidence, leur système de propulsion était en ordre de marche. Mystérieusement, Reban, Molyée, et les autres s'étaient évanouis dans la nature après avoir rapidement expliqué qu'ils redoutaient qu'il ne s'agisse cette fois de rescapés qui auraient des intentions de conquête de la Terre. En l'espace de dix jours, l'humanité vivait son troisième événement dramatique. Désormais, on se préparait à un conflit majeur, alors même que, parmi les nations terrestre, une trêve générale avait suivi les cataclysmes de 2009. Préol, l'une des deux entités extraterrestre qui avait pris l'apparence d'une femme, s'était réfugiée à Paris où elle résidait au Palace Grand Empire avec des chefs d'Etat qui séjournaient en France depuis quelques jours. C'est là que les stratèges de guerre l'interrogeaient pour adopter la meilleure défense contre l'envahisseur potentiel qui arrivait. Le sinistre tableau qu'elle dépeint en disait long sur les chances que l'humanité avait de survivre à une attaque: les armes dont disposaient les envahisseurs seraient si terrible qu'en moins d'une semaine, la Terre pourrait être sous leur contrôle.

          A 14h en ce samedi 20 novembre, quatre gigantesques vaisseaux se posèrent délicatement et simultanément en plusieurs endroits du continent européen. La carcasse abandonnée sur la plage de Bretagne leur avait sans aucun doute servi de repère. Les mastodontes qui faisaient au moins cinq à six fois sa taille, sauf l'un d'entre eux plus petit, avaient atterri à proximité de grandes villes tout en restant dans des zones dégagées. Une fois encore les télévisions avaient d'abord été consignées en retrait des sites, puis avaient fini par s'approcher des appareils de telle sorte que toutes les chaînes retransmettaient en direct l'invasion imminente. Et pourtant, il n'en fut rien: après trois interminables heures d'attente, des portes lumineuses semblables à celle du premier vaisseau s'ouvrirent et des troupes constituées de centaines d'amoniens débarquèrent, mais restèrent à proximité de leurs appareils. Seules de petits détachements constitués de cinq à six porteurs de ce qui semblait être des armes s'éloignaient des zones d'atterrissage pour se disperser et rejoindre les zones habitées.

          L'armée n'avait pas eu le temps de réagir, et, de toutes façons, personne ne se serait risqué à engager un conflit qui, si on en croyait Préol avait toutes les chances de se terminer en faveur des étrangers. Si l'initiative venait d'eux, alors, et alors seulement, la riposte serait organisée. Cela n'empêchait pas les avions de combat de survoler les OVNI. Trois d'entre eux furent estimés à plus de 250 mètres longueur et le plus petit à la moitié environ. Ce dernier avait une forme avec moins d'aspérités que les trois autres et Préol expliqua qu'il s'agissait d'un chef de guerre et que les autres vaisseaux étaient des appareils armés. Elle confirma que ses congénères ennemis étaient fortement armés et qu'un combat n'était pas souhaitable. Mieux valait se rendre avant un hypothétique anéantissement des humains.

Malgré leurs recherches, les forces de police, de gendarmerie et de l'armée combinées ne réussissaient pas à localiser les quatre scientifiques amoniens en fuite. Reban et Sapon avaient élu domicile dans une auberge où, sous leur apparence humaine, ils se cachaient en attendant de savoir quel sort leur serait réservé. Alvil s'était réfugié dans son vaisseau. Mais il ne tarda pas à être pris d'assaut par ses ennemis sous les yeux effarés des soldats humains qui gardaient toujours le site, mais qui avaient reçu l'ordre de ne pas intervenir. En entendant cela par le biais des médias, Molyée avait décidé de rejoindre un camp militaire pour demander asile. Elle se présenta au poste de garde qui avertit le colonel Melhoued qui dirigeait le camp. Une fois qu’elle se fut présentée, on l’invita à se cacher dans un bâtiment sous la protection d'une garde spéciale. Pendant ce temps, le colonel prit contact dans la plus grande discrétion avec les autorités de Taverny pour les avertir qu'il hébergeait l'un des étrangers. Pourtant, c'était une erreur, car la communication fut interceptée par les puissants moyens technique dont disposait le camp adverse et il ne fallut pas une heure pour que le camp soit encerclé par les envahisseurs.

        Les appels à la radio et à la télévision, incitant la population à ne pas résister aux traqueurs extraterrestres, finirent par convaincre l'aubergiste qui hébergeait Reban et Sapon, de faire part de ses soupçons quant à l'identité de ses "clients". Leur comportement lui avait semblé bizarre et il avait fait rapidement le lien avec la cavale des étrangers. Il fut surpris en ouvrant sa porte à la police qu'il avait appelée, de voir une dizaine d'amoniens, dans leur apparence fantomatique, pénétrer en force dans l'auberge sans le moindre regard pour les êtres humains qu'ils croisaient. Depuis la salle à manger au rez-de-chaussée où il était resté planté, éberlué, l'aubergiste entendit le fracas des portes de chambres qu'on explosait pour les éventrer. Et, tout à coup, la troupe redescendit avec un prisonnier fermement encadré et sous la menace de ce qui étaient de toute évidence des armes. Les clients et l'aubergistes assistaient à la scène sans bouger, quand soudain, Sapon esquissa un mouvement pour se dégager et profita de l’effet de surprise pour tenter de fuir. Aussitôt un sifflement perçant retentit, une lueur aveugla les spectateurs et, dans la gerbe d'étincelles qui suivit, Sapon n'était plus.

        Les journalistes Emily Johnson, Gaspert Lincoln et Steve Mildoww venus d'Amérique et qui résidaient dans l'auberge depuis le début des événements, avaient regardé avec tous les autres, l'humanoïde se faire pulvériser sous leurs yeux.

        Emily s'adressa au meurtrier sur un ton sans équivoque:

        - "assassin, il n'avait pas d'arme, c'est comme ça qu'on fait chez vous ?"

        Puis elle eut un mouvement de recul, car l'amonien à qu'elle avait fustigé de ses mots, venait de se retourner et braquait maintenant l'arme dans sa direction. Un de ses accompagnants qui semblait commander s’avança alors vers les humains, baissa son arme et dit:

        - "il n'y a aucun acte qu'il ait pu faire qui justifie qu'on le laisse en vie. Sur notre planète, votre protégé a tué plus que vous ne pourriez le faire durant toute une vie terrestre. Nous sommes ici pour faire justice à nos morts par leur faute"

        Puis il attendit une réaction.

        - "que voulez-vous dire ?" dit l'aubergiste en rompant le silence.

        - "si vous voulez sauver votre monde, il faut nous aider à trouver les autres, où se cachent t'ils ?"

        - "pourquoi devrions-nous vous faire confiance ?" reprit Emily Johnson

        - "vous n'avez pas le choix" rétorqua l'amonien

        Au même instant, le camp où s'était retranchée Molyéé avait été prit d'assaut, mais l'affrontement s'était limité à quelques tirs d'intimidation, car les soldats du camp sous les ordres de leur colonel avaient vite réalisé que leurs armes, même sophistiquées, ne faisaient pas le poids devant celles des extraterrestres. Pourtant, les deux camps se défiaient sans que l'un des deux n'engage le combat réel. Ainsi, peu avant la nuit, le bilan dans le camp des fugitif amoniens était déjà lourd: Sapon et Alvil avaient été tués sans sommation, Reban en fuite et Molyée sur le point d'être capturée. Seule Préol avait réussi à échapper au recherches de ses congénères ennemis, gardée au secret dans le palace parisien.

        Lorsque l'obscurité envahit le camp militaire de Saulieu, le chef amonien s'adressa aux troupes du colonel Melhoued:

        - "nous sommes venus les chercher, vous ne pourrez pas nous en empêcher, mais nous ne voulons pas vous détruire pour y parvenir. Notre cause n'est pas de votre monde, vous cachez un ennemi que vous ne soupçonnez pas. Donnez-le nous et nous repartirons".

        Molyée sentait qu'elle faisait l'enjeu d'un combat inégal et profita de la confusion qui régnait pour changer d'apparence. Aux yeux des hommes elle était devenue maintenant l'un des nombreux soldats qui composait les troupes du colonel Melhoued. Ce dernier négociait encore lorsque le soldat Feruchis alias Molyée, fit passer l'information jusqu'à ses oreilles, information selon laquelle Molyée s’était enfuie. Melhoued la transmit aussitôt aux amoniens, trop heureux en effet de ne pas avoir à engager une épreuve de force pour protéger cet être dont il ne savait finalement pas s'il était effectivement ami ou ennemi.

        Le chef amonien se présenta alors à lui:

        - "Tabouscan, je serai votre interlocuteur. Nous sommes du même bord croyez-moi, laissez-nous entrer, nous connaissons bien mieux que vous notre cible".

        - "votre cible ?" répéta Melhoued en fronçant les sourcils avec quelque chose d'accusateur.

        - "c'est notre ennemi, il sera le vôtre aussi" et sans attendre la réponse de Melhoued, il passa à côté de lui, appelant à ses côtés trois de ses acolytes.

        Mais la ruse de Myloée avait fonctionné, et, pendant que les combattants amoniens pénétraient dans la base, elle se hissa discrètement dans un blindé rapide et, à peine en quelques secondes, elle démarra, et fonça à toute vitesse vers la sortie, échappant de justesse à un de ces éclairs foudroyants tiré par un amonien. Sous des tirs nourris, le blindé disparut dans la nuit en larguant ses poursuivants.

        Melhoued regarda l'étrange fusil qui semblait être le prolongement du bras de Tabouscan. Celui-ci, voyant qu'il l'observait lui adressa ces mots:

        - "nous n'aurions pas voulu les utiliser contre vous. Celui que vous avez cru devoir protéger n'est pas comme vous le pensez."

        - "expliquez-vous !" ordonna le colonel

        - "nous devons les trouver et les détruire, sinon, ils nous détruiront tous"

        Le petit attroupement qui s'était formé autour d'eux fut saisit d'effroi. Que signifiaient ces mots ?

qui étaient réellement les visiteurs du premier vaisseau ?

VLT

Télescope VLT (Very Large Télescope)


Chapitre 10

REVELATIONS

        Maintenant, pour Molyée, il s'agissait de retrouver au plus vite ses trois compagnons survivants, elle ne savait pas en effet que Sapon avait été tué. L'urgence était de se regrouper et de se mettre sous la protection des humains en les convainquant qu’ils avaient affaire à de dangereux envahisseurs. Elle avait profité de la nuit et d'un endroit calme pour charger le canon du petit blindé sur roues qui filait à présent à vive allure sur les routes désertes du Val d'Oise en direction de la capitale.

          Reban avait envisagé cette dispersion et avait laissé comme consigne de se retrouver à Taverny, où ils pourraient trouver l'appui des militaires dont ils avaient gagné la confiance. Pour l'heure, il roulait lui aussi à bord d'une voiture qu'il avait réussi à subtiliser sans trop de difficulté, alors même que son propriétaire était en train de payer le plein de carburant qu'il venait de faire. Mais avant de rejoindre Taverny, il devait d'abord récupérer quelque chose de précieux qui avait eu la précaution de cacher non loin de là, alors que lui et ses amis jouissaient encore d'une certaine liberté. Echappant à la présence de leurs accompagnateurs, il avait prétexté le dépannage de leur propulseur pour sortir discrètement de leur vaisseau un mystérieux contenant. La taille modeste de la chose n'ayant pas semblé suspecte aux gardes du site, il avait pu la sortir sans anicroche de la zone surveillée et la cacher dans un bois à quelques centaines de mètres à peine du lieu du crash.

Préol sentit la résonance du petit appareil de communication qu'elle portait sur elle. Le signal était imperceptible par ses gardes du corps qui la veillaient à Paris. Elle s'approcha de la porte de sa chambre et l'entrebâillât. Le seuil en était gardé et pourtant, le signal qu'elle venait de recevoir était celui du rassemblement. Reban avait mis la balise en marche aussitôt après avoir récupéré son précieux trésor caché. Préol modifia son corps et se glissa silencieusement dehors de la chambre. Lorsque le planton la vit, il l’interrogea:

- "tu es déjà là ? la relève est seulement dans une heure !"

Préol, sous les traits d'un clone de planton semblable à son vis à vis, répondit:

- "tu peux aller te reposer, on m'a dit de te remplacer"

Le planton ne se fit pas prier et, après avoir passé les consignes à son homologue, tourna les talons. Préol était maintenant seule et pouvait changer une nouvelle fois d'apparence pour sortir le plus simplement du monde du Palace sans se faire remarquer.

Molyée, tout comme Préol avait reçu l'appel de Reban et tous trois devaient maintenant converger au point de rencontre prévu. Reban rangea l’émetteur avec lequel il avait déclenché le signal de rassemblement et sortit du même emballage un objet vaguement cylindrique. Il en ôta un couvercle et, dès que le contenu fut visible, une forte lueur bleutée illumina tout l’espace autour de lui. L’enveloppe renfermait une sorte de fiole en matière transparente, dans laquelle il y avait un fluide bleu très lumineux. En quelques secondes, les quelques rares feuilles encore sur les arbres flétrirent et un oiseau perché à proximité tomba inanimé dans les feuilles mortes au sol. Les radiations émises par le fluide tuaient tout dans un rayon de huit à dix mètres alentours, mais n’affectaient pas l’amonien. Celui-ci referma le récipient et, après l’avoir replacé aux côtés de l’émetteur, mit le tout dans la voiture.

Posant sa main sur le lecteur de cryptocartes optiques, Préol valida un fantomatique titre de transport qu’elle ne possédait pas. Les portes s’ouvrirent, le système ayant été trompé par l’action de l’amonienne sur le capteur. Malheureusement pour elle, embarquant dans la rame de métro à sa suite, deux contrôleurs de la compagnie de transport vérifiaient à présent les cartes des passagers. Quelques stations seulement la séparaient du point de rendez-vous. A cette heure tardive, les passagers étaient peu nombreux dans la rame et les deux contrôleurs progressaient rapidement dans sa direction. Ils n'étaient plus qu'à deux banquettes de sa position et elle évalua rapidement les risques de se faire démasquer. Si elle ratait le rendez-vous, elle serait perdue. Préol échappa de justesse au contrôle, car elle atteignait enfin sa destination, alors même que les contrôleurs arrivaient à sa hauteur. Elle sortit des sous-terrains du métro et elle se posta au bord de la route, afin que les autres la retrouvent plus facilement.

L’aube pointait déjà lorsque le petit blindé de Molyée fit son apparition au bout de la rue. Méfiante, Préol qui avait reconnu de loin le véhicule de l’armée, voulait d’abord s’assurer qu’elle n’avait rien à craindre. Elle gardait son apparence humaine sauf pour Molyée qui n’était pas sensible à l’action télépathique qui influençait la perception visuelle des humains. Quand le véhicule fut à sa hauteur et que la trappe s'en ouvrit, les deux êtres reprirent chacun leur apparence réelle et s'informèrent mutuellement de la situation. C'est ainsi que Molyée apprit par Préol la mort de Sapon, ils surent alors qu'ils n'étaient plus que trois. Reban arriva un peu plus tard, et, d'un commun accord, ils abandonnèrent la voiture au profit du blindé léger qui leur permettrait d'évoluer en terrain accidenté et de quitter les routes si le besoin s'en faisait sentir. De plus il était armé et disposait de moyen d'écoute radio et surtout d'une réserve de carburant plus conséquente que la voiture.

Désormais, ils avaient à leur trousse des ennemis redoutables qui étaient déterminés à les éliminer, en dépit de la réticence des terriens. Mais Reban n'avait pas abattu ses derniers atouts, il montra à ses deux comparses le conteneur avec non pas une mais une vingtaine de fioles au liquide bleu. Molyée exulta et lui signifia qu'ils étaient en mesure non seulement de riposter à une attaque, mais aussi de prendre l'initiative de celle-ci, l'effet de surprise aurait ainsi raison des troupes massives lancées à leur poursuite. Dans le camp adverse, nul ne se doutait en effet que les fuyards avaient avec eux ces doses de matière hautement fissile qu'ils n'avaient qu'à exposer pendant quelques minutes à la lumière du jour pour dévaster avec seulement l'un de ces récipients une zone grande comme un département. Mais ce n'était pas le pire, car leur vaisseau en contenait d'autres, que Reban n'avait pas eu le temps d'extraire et qui avaient voyagé avec eux depuis leur départ précipité d'Amon. Et, parmi ces "bombes", le propulseur encore actif du vaisseau constituait à lui seul l'arme absolue. Une seule de ces fioles, activée et jetée dans le fluide qui fournissait l'énergie du vaisseau aurait pour conséquence l'anéantissement de la planète bleue.

Tabouscan et ses troupes avaient capté le signal de Reban, mais ils arrivèrent trop tard à l'endroit d'où il l'avait émis. En localisant avec une précision chirurgicale l'endroit, ils y trouvèrent un périmètre complètement ravagé par les dégâts de la fiole bleue. La forêt en ces lieux s'était transformée en un trou sans vie où gisaient arbres et animaux sur une terre fumante. C'était comme si on y avait déversé une citerne d'acide. Tabouscan désigna trois de ses compagnons pour analyser la cause de ce désastre et effectuer une reconnaissance alentours. Tolmé était une sorte de chimiste et il ne mit pas deux minutes à déterminer la nature du produit. L'amonien en fit un rapport immédiat à son chef et l'inquiétude qui l'envahit était perceptible même pour un humain. Le commandant Philippe Moss, Gérard Nicol et Philippe Ranier qui comptaient parmi leurs nombreux accompagnateurs sur les lieux les interrogèrent sur ce qu'ils voyaient. Tolmé s'autorisa à leur répondre:

- "ce que vous voyez est le résultat d'une exposition à une substance qui constitue notre principale source d'énergie sur notre planète. C'est un peu l'équivalent de votre pétrole, mais en plus instable. Lorsqu'elle est exposée à une source lumineuse, cette matière est capable d'engendrer une réaction en chaîne extrêmement calorifique et génératrice de radiations mortelles pour vous, votre flore et votre faune."

Interrompant l'exposé scientifique de son subordonné, Tabouscan poursuivi:

- "Ceux qui se sont invités chez vous ont décimé une colonie établie sur l'un des satellites naturels d'Amon. Ils agissent en terroristes au nom de principes semblables à ceux qui ont provoqué les guerres les plus effroyables de l'univers. Votre monde en a connu, d'autres mondes habités aussi, et nous avons connu l'unique conflit qui a tué un tiers de notre civilisation. Et ce sont eux qui ont déclenché cette guerre. Nous sommes ici pour éviter qu'ils ne reproduisent leurs méfaits dans d'autres galaxies"

- "mais quelles sont leurs motivations ? s'ils détruisent le monde où ils s'établissent, ils seront d'éternels errants de l'espace !"

- "les amoniens n'ont pas la même perception de la propriété que vous. Ils vivaient dans le calme et l'expansion jusqu'à ce que certains découvrent ce que les anciens leur avaient caché: l'existence de vie ailleurs. Notre civilisation a bénéficié de l'expérience des mondes dans lesquels des conflits avaient éclaté et en a soigneusement évité les écueils. Mais l'ordre a un prix: celui du pouvoir. Quelques-uns ont trouvé une faille dans le système qui protégeait nos archives. Ainsi, ils ont découvert que d'autres planètes pouvaient être asservies par eux. Mais qu’il leur faudrait les conquérir par la force. Reban et ses sbires ont d'abord migré sur l’un de nos satellites habités où, après s'être organisés, ils savaient pouvoir voler des conteneurs de minerai. Nous l’extrayons sous une forme solide et il est ensuite liquéfié pour servir de source d’énergie. Avec cette matière, ils ont fabriqué des engins de mort. Mais ils ont été dénoncés et, sur le point d'être pris, ils n'ont eu comme recours avant leur fuite que de faire exploser le satellite en jetant une de leurs bombes artisanales dans une fosse d'extraction du minerai. L'explosion a généré une telle énergie que l'astre tout entier s'est disloqué en fragments dont certains sont arrivés jusqu'à vous. Le vaisseau qu'ils avaient volé pour s'enfuir a été criblé d'impacts de ces fragments, mais aussi de tirs de nos vaisseaux de combat lancés à leurs trousses."

- "cela explique les marques sur les ailes et le fuselage de l'engin" coupa Nicol "mais pourquoi aviez vous le besoin d'avoir des vaisseaux de combat si votre monde vivait en paix ?".

- "Nos anciens nous avaient initiés à l'histoire de l'univers et des ses mondes habités et nous savions qu'un risque potentiel de guerre existait. La découverte du minerai bleu fut un progrès pour notre développement industriel, mais beaucoup songeaient aussi à une utilisation moins pacifique. C'est alors que nos dirigeants ont décidé de prévoir le pire. Une garde spéciale a été créé pour protéger les amoniens  contre leurs propres dissidents. Et ils ont eu raison."

Tabouscan se tourna vers ses deux acolytes Kalian et Vernio tel qu'il les présenta et expliqua qu'ils étaient des élites dans la garde de combat qu'il dirigeait. Il coupa court à la poursuite des explications, car le danger était imminent et il fallait d’urgence remettre la main sur les trois amoniens en fuite. En quittant le camp militaire du colonel Melhoued, ses troupes avaient "emprunté" des camions avec lesquels ils se déplaçaient en pistant les pseudo scientifiques amoniens. Ils se mirent donc en route, suivis par une importante colonne de soldats humains. Fort heureusement, chaque fois que Reban ouvrait le conteneur à minerai, le taux de radiation était si intense qu'il était repérable même par les satellites gravitant autour de la terre. Or, par deux fois, les fioles avaient été mises à jour, signalant leur position d'une façon infaillible. Par le jeu croisé de quelques puissants détecteurs, les terroristes furent repérés et l'étau se resserra autour d'eux.

Melhoued s’adressa au commandant Moss :

- "la femme qui s'était retranchée chez nous à Saulieu est partie avec un VBL25, et il est armé jusqu'aux dents"

- "que dit le ministre, on doit se ranger de quel côté et est-ce qu'on doit intervenir ?"

- "les ordres sont que nous n'interviendrons que si nos intérêts sont menacés"

- "comment savoir, après tout nous n'avons aucune preuve, aucun repère ?"

Melhoued se frotta le menton et soupira:

- "c'est le moment de s'en remettre à une bonne étoile"

Au même instant, le VBL piloté par Molyée, roulait vers Taverny. Survolant la départementale, un hélicoptère de la Gendarmerie le prit en chasse. Sortant par la trappe de vigie au sommet du blindé, Reban le mit en joue avec un des petits canons de la tourelle. Le premier tir fit mouche et l'hélicoptère s'écrasa dans le bois jouxtant la route. Cet acte d'agression ne laissait maintenant plus aucun doute des intentions offensives des trois amoniens et, très vite, les armées amoniennes et terriennes conjuguées se resserrèrent autour d'eux. En quelques heures seulement, ils furent pris au piège et sous les tirs de leurs poursuivants. Une course contre la montre s'engageait: il fallait les empêcher d'abandonner leur cargaison mortelle en se laissant le temps de prendre la distance nécessaire à leur propre survie. Dès lors qu'ils étaient repérés, il ne fallait plus les perdre, sans quoi ils pourraient faire sauter une à une les bombes bleutées.

A quelques dizaines de kilomètres seulement de Taverny, là où, précisément ils avaient abattu l'hélicoptère RE235 de la Gendarmerie, les occupants du VBL firent brutalement demi-tour et reprenaient la direction de Paris. Dans leur esprit avait germé l'idée de s'en prendre à la capitale, ce qui aurait un effet dissuasif au moins sur les habitants de cette planète. Maintenant qu'ils se savaient menacés par tous, il ne leur restait plus qu'à accomplir leur destin criminel et de tenter un échappatoire avec l'un des vaisseaux extraterrestres. Ils en avaient les moyens de conviction, restait à mettre leur plan en pratique.

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Chapitre 11

ROMEO

         Reban enrageait, il aurait voulu se débarrasser de son chargement explosif et de ses poursuivants en même temps, mais le blindé n'allait pas assez vite pour ne pas subir l'onde de choc lorsque la capsule serait ouverte. Les amoniens, bien qu'insensibles aux radiations du fluide issu du minerai, ne le seraient pas à une déflagration résultant de la fission finale de celui-ci. Or pour atteindre le point critique où les particules élémentaires du liquide entreraient en collision extrême, il fallait environ 15 à 20 minutes avec le taux d'ensoleillement du moment. Le VBL n'aurait parcouru qu'une trentaine de kilomètres tout au plus et cela ne suffirait pas pour se mettre à l'abri.

Mais soudain, ses calculs tournèrent court, le moteur du VBL commença à tousser. Molyée sortit immédiatement de la route pour s'engouffrer dans un chemin au travers des champs. Il fallait changer rapidement de moyen de locomotion. Le moteur rendit son dernier hoquet lorsque l'engin fit son entrée dans le petit village de Porchas. Les habitants ne comprenaient pas ce qui arrivait, voyant seulement un véhicule en tenue de camouflage et trois soldats en descendre, casques sur la tête et visiblement agités. Préol se plaça au milieu de la route et sortit un cylindre du conteneur à minerai. Elle en souleva le couvercle, libérant la lumière bleue. Un automobiliste qui roulait vers elle, surpris par l'aveuglante lumière, fit une embardée et termina sa course dans un muret. Choqué, il voulut sortir de la voiture, mais sa main se décomposa littéralement sur la poignée de porte, son sang se figea et il s'écroula le corps fumant au pied de sa voiture.

Voyant la voiture trop endommagée pour l'utiliser, Préol cria à l'attention des spectateurs:

- "donnez-nous une voiture, sinon, vous mourrez !"

Mais elle n'eut pas le temps d'attendre une réaction, son bras se sépara de son corps, arraché par un tir venu du ciel. Un chasseur X35 venait d'effectuer un passage en rase-mottes en mitraillant la rue. On ne l'avait pas entendu venir, mais en repartant vers les nuages, son réacteur émit deux bangs caractéristiques du passage à deux fois la vitesse du son. Le flacon tomba au sol, heureusement sans éclater, le choc eut pourtant un effet bénéfique inattendu: le couvercle se referma sèchement, masquant le rayonnement mortel. Préol regarda ce qui restait de son bras, pendant que le bout tranché finissait de se consumer sur le bitume. La section s'étirait comme du plastique fondant, le bras se reconstituant peu à peu sous les regards éberlués des badauds. Pour la première fois, les terriens voyaient le corps réel de ces êtres visqueux à la couleur laiteuse et ses propriétés extraordinaires de reconstitution. Pour la première fois aussi, les deux clans surent que les rames terriennes avaient des limites contre les amoniens.

Dans un crissement de pneus, le véhicule tous terrains du commandant Moss dérapa quand il vit le VBL à deux cent mètres devant lui. Toute la colonne qui le suivait se divisa en plusieurs sections qui contournaient à présent Porchas pour l'encercler. Les habitants s'enfuyaient en tous sens, abandonnant sur place leurs activités et leurs maisons ouvertes. Reban leva bien haut un flacon pour que tous puissent le voir à distance et fit mine de l'ouvrir. Mais, arrivant de tous côtés, le feu des armes l'obligea à se replier derrière le blindé. Molyée fit pivoter la tourelle et fit feu en direction de la route par laquelle ils étaient arrivés et à l'horizon de laquelle des chars commençaient à s'aligner. Mais la portée de tir du canon de 65 millimètres n'était pas suffisante et le tir échoua sur la chaussée à plus de trente mètres des lignes alliées. En fait, Molyée n'avait pas su ajuster l'angle de tir et cette méconnaissance lui avait fait rater sa cible. En revanche, la réplique ne se fit pas attendre et alors s'engagea un échange de coups de feu, de tirs de canons, d'armes amoniennes qui éventra plusieurs maisons et ravagea tout le sud du petit village. La puissance de feu des alliés pouvait anéantir les trois terroristes en quelques tirs, mais le risque de toucher le caisson de minerai était trop grand pour tirer à proximité immédiate du blindé. Aussi, les forces de coalition décidèrent de faire durer le combat jusqu'à la tombée de la nuit, afin de pouvoir s'approcher plus discrètement.

Durant tout ce temps, les journalistes avaient été tenus à l'écart et on ne savait pas exactement ce qui se tramait. Tout au plus savait t'on que Porchas servait de champ de bataille entre terriens et amoniens, mais les populations ignoraient la situation réelle et surtout n'avait pas eu d'information sur l'identité des premiers visiteurs. La guerre était en route, mais pour quoi et avec quels acteurs, on ne le savait pas très bien. Aussi, le journal de début de soirée était très attendu de tous. Armèle Andrieu fit l'ouverture du journal avec un ton grave:

- "Mesdames, messieurs bonsoir, la guerre entre deux mondes a débuté. Dans le village de Porchas à quelques kilomètres de la capitale, les forces armées de l'Union Européenne, sous le commandement du commandant Moss ont pris d'assaut des rebelles amoniens qui, d'après les informations que nous avons, détiennent une arme de destruction massive. Les amoniens de la seconde vague de vaisseaux se seraient alliés à nos soldats pour combattre les rebelles. Nous n'avons pas eu l'autorisation d'approcher la zone, mais des témoignages nous informent de lourdes pertes dans le camp humain, les ennemis ayant réussi à se procurer un véhicule blindé armé. Selon les autorités, l'arsenal dont disposent les extraterrestres leur permet de tenir un siège de quelques heures…"

Sur le terrain, la réalité était bien moins favorable aux alliés, car leurs ennemis disposaient surtout d'une réserve de minerai qui pouvait servir de sabordage de dernière minute. Il fallait absolument prendre la situation en mains et la tombée de la nuit incita les autorités à passer à l'action. Une escouade mixte de soldats terrien et amoniens se glissa en rampant jusqu'aux abords des ruines de maisons. Tabouscan en faisait une affaire personnelle, aussi, il faisait partie de cette mission périlleuse. Il avait aussi désigné Tolmé,  Kalian et Vernio pour l'accompagner. Ces noms n'avaient pas de signification dans leur monde, mais pour les troupes de Moss, il fallait pouvoir donner des ordres, et la télépathie n'était pas au registre des formations militaires terriennes. L'entente stratégique était orchestrée par Tabouscan, car il maîtrisait mieux les réactions et surtout les sens en éveil de ses semblables.

Kalian se glissa comme un serpent derrière Préol qui était adossée au VBL. Il tenait un étrange objet à la main, qu'il déposa juste aux pieds de l'amonienne. Puis, aussi furtivement qu'il s'était approché, il se replia vers sa cache précédente. De son côté, un des hommes de Moss avait préparé une grenade et se tenait prêt à la lancer dans la tourelle du véhicule. Enfin, Tabouscan ajusta son tir pour être certain de ne pas rater sa cible: Reban. Ce dernier tenait une fiole à la main et la mission de Vernio était de s'en saisir dès que le signal serait donné. La tension était à son paroxysme: si la fiole venait à être ouverte, Tabouscan et des trois acolytes seraient seuls à pouvoir stopper le processus. Les radiations auraient raison en quelques secondes des cinq autres hommes de la troupe.

          Le flash aveugla tous ceux qui observaient la scène en fouillant la nuit. Les guetteurs armés de jumelles infrarouges en furent pour leur frais, car la soudaine luminescence qui venait de jaillir à côté du blindé avait littéralement blanchi l'image grisée qu'ils pouvaient voir dans leurs objectifs. Brusquement des rafales éclatèrent suivis de hurlements et des ordres criés pour mieux se faire entendre fusèrent de toute part, on entendit: "à l'assaut, en avant, …" l'instant était critique, mais que s'était-il donc passé ?

          Au moment précis ou l'assaut de l'escouade était lancé, Molyée aperçu subrepticement une forme bouger. Sans attendre elle déclencha un tir de mitrailleuse depuis sa tourelle et balayant tout ce qui se trouvait à portée immédiate du blindé. Le petit objet posé aux pieds de Préol libéra une gerbe de rayons qui transforma l'amonienne en une petite nuée, signe qu'elle venait d'être tuée. Bravant le tir de Molyée, plusieurs combattant s'étaient jetés sur Reban qui eut juste le temps de saisir le couvercle du flacon, mais pas de l'ouvrir. Le VBL démarra en trombe, flanquant au sol les assaillants qui l'avaient escaladé. A l'exception de Tolmé qui se cramponnait au canon. Il décrocha un autre de ces petits engins explosifs à rayons et le projeta dans le fut du canon. Par tous les orifices du blindé, une aveuglante lumière fusait et le VBL finit sa course sur le dos après avoir gravit un monticule de terre.

          La panique aidant, les différentes sections avaient été lancées à l'assaut général, mais avant d'atteindre le lieu de convergence, les événements avaient tout stoppé. A présent, le calme était revenu, le VBL gisait dans le fossé, les armes s'étaient tues et Reban était sous bonne garde. Pas très longtemps, car sans pitié, Tabouscan le foudroya avec son arme sans aucune forme de procès. Les soldats avaient beaux être indignés, mais toute manifestation de réprobation n'aurait plus servi à rien, alors on se contenta de baisser le regard. Tabouscan se tourna vers Philippe Ranier qui les avait rejoint:

          - "nous n'en avons pas totalement terminé, il nous faut encore détruire l'occupante du véhicule à roues là bas" dit-il en désignant le VBL. Il savait en disant cela qu'il bravait la pensée de ses détracteurs, mais, avant même un quelconque commentaire, un engin explosif fut posé sur le VBL qui se volatilisa en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

          - "maintenant, nous allons repartir, notre mission est achevée".

          - "un moment !" ordonna Moss "vos terroristes sont venus ici selon vous avec des intentions criminelles, vous venez à notre secours, vous les exterminez et vous repartez, comme ça, comme si rien dans notre histoire n'avait été bouleversé ?"

          - "nos mondes ne se connaissent pas, et nos ordres sont de ne pas "bouleverser", comme vous dites, l'évolution de la Terre. Notre technologie n'est pas appropriée à votre civilisation, nos vies sont très différentes. Votre intérêt comme le nôtre réside dans notre départ."

          - "nous devrions quand même avoir de la gratitude pour ces êtres qui sont venus jusqu'à nous pour nous préserver d'un disparition certaine" reprocha Ranier au commandant Moss.

          - "après tout, qu'est-ce qui nous prouve que ce ne sont pas eux les terroristes ?" songea Moss

          - "rien en effet" répondit Tabouscan. Il venait de lire la pensée de Moss surpris d'être ainsi mis à nu.

          - "mais", reprit l'amonien "vous n'avez toujours pas le choix, et, de toutes façons, quand nous aurons disparu de vos vies, vous vous rendrez à l'évidence, n'est-ce pas ?"

          Il n'attendit pas de réaction et, empoignant son arme, se mit en marche vers les véhicules restés au loin, suivi de ses compagnons.

          Moss et Ranier se regardèrent et haussèrent les épaules en se disant qu'il n'y avait pas de commentaire à rajouter. Moss prit ses dispositions pour informer les autorités de la situation et, en moins d'une heure, toute la planète fut soulagée d'entendre que le calme était revenu, que la guerre totale n'aurait pas lieu et que la vie allait reprendre comme auparavant. Le gros des troupes militaires resta sur le site pour commencer à déblayer ce qui pouvait l'être et, dès l'aube, on fit appel à des renforts pour permettre au petit village de Porchas de reprendre vie. Durant plusieurs heures, les habitants, dont certains avaient fuit leurs maisons, assistèrent à un ballet de véhicules en tout genre, alors que le paisible village de campagne comptait ses disparus.

          Sans cérémonial aucun, ni aucune forme de protocole, un à un les vaisseaux amoniens s'élevèrent du sol. L'un des trois plus grands glissa dans le ciel jusqu'à se mettre à la verticale de la plage de l'Anse de la Torche. Juste en dessous du gigantesque vaisseau spatial, la carcasse abandonnée du premier engin amonien atterrit deux semaine plus tôt gisait encore dans le sable, balayée par les vagues. Lentement, sous l'effet d'un rayonnement émis par le vaisseau en vol stationnaire, l'épave se désagrégeait, laissant sur le sable une empreinte vide, où l'eau s'engouffrait comme pour balayer la cicatrice de la plage. Il pleuvait, et le spectacle, filmé par des dizaines de télévisions dont les journalistes bravaient le vent, la pluie et le froid, avait quelque chose de triste. En une quinzaine de jours, la planète avait connu les événements les plus incroyables de son histoire, et, dans quelques instants, les traces de tout cela ne resteraient que dans les ruines, les morts et les mémoires.

          Quand l'Anse de la Torche fut débarrassée de son encombrant écueil artificiel, les quatre engins spatiaux se regroupèrent et s'éloignèrent doucement de la Terre. Des heures durant, les objectifs de puissants télescopes suivirent leur départ jusqu'à ce qu'ils se perdent dans l'infini de l'espace parmi les étoiles. Peu à peu, la vie se réinstallait, les gens regagnaient leurs domiciles abandonnés là où ils avaient dû les quitter précipitamment, les pays touchés pensaient leurs blessures et l'information reprenait de plus belle ses activités, les interviews auprès des acteurs principaux de cette aventure se multipliant. réalisant à peine tout ce qui venait de se passer, des héros tels que Moss, Nicol ou Ranier étaient portés par une vague euphorisante, même si, par ailleurs, ces derniers jours n'aveint été que craintes et destructions. Les peuples en liesse savaient maintenant qu'ils avaient échappé à une colonisation extraterrestre et à un envahisseur qui voulait asservir les terriens.

          - "Roméo, ne t'éloigne pas trop loin, d'accord ?"

          - "oui maman, je vais seulement voir les camions" répondit le petit garçon.

          Fouillant les décombres de leur maison détruite par les tirs de la veille, sa mère et le reste de sa famille, aidés par d'autres habitants de Porchas, recherchaient des souvenirs, des objets importants. Elle quitta Roméo du regard pour se replonger dans sa quête de bibelots parmi les gravats.

        Roméo, la capuche de son anorak relevée pour se protéger de la pluie, n'avait plus d'yeux et d'oreilles que pour les fascinantes machines qui s'animaient autour du village pour lui redonner un aspect moins délabré. Il dût quitter la chaussée pour laisser place aux engins lourds qui en occupaient presque toute la largeur. C'est ainsi qu'il glissa soudain dans le petit fossé où, quelques heures auparavant, gisait le VBL volé par Molyée. Il n'y en avait plus aucune trace, excepté peut-être de la terre labourée par le véhicule lorsqu'il avait fait son embardée. Le garçonnet, les pieds dans la boue, tenta de regravir la légère pente, mais ses bottes dérapaient et il n'y parvint pas. Il avisa à quelques mètres en aval un endroit moins pentu, juste avant un petit pont enjambant la rigole et qui permettait aux engins agricoles de rejoindre les champs. Le minuscule ruisseau qui coulait au fond du fossé, alimenté par la pluie, lavait ses bottes boueuses. Quand Roméo arriva à la hauteur du passage, alors qu'il s'apprêtait à remonter sur la route, il aperçut un petit objet qui flottait et qu'une grosse pierre empêchait d'aller plus loin avec le courant. Ce n'était pas très joli, et même un peu sale, mais le petit garçon avait été attiré par les reflets brillants subsistants entre les zones maculées de boue et de noir. Il le ramassa précieusement et passa sa petit main en le caressant pour en enlever la saleté. L'objet l'intriguait: il ressemblait à une de ces gélules qu'il prenait pour ses problèmes de toux, mais celle-ci était énorme et brillante. Il voulut voir si, comme pour les gélules, elle pouvait s'ouvrir, car, au milieu il y avait une fente qui en faisait le tour. Sa petite main attrapa le dessus et il tira de toutes ses forces, sans arriver à séparer les deux parties. Alors il se baissa, prit l'objet dans des deux mains et frappa l'extrémité libre sur la grosse pierre du ruisseau. En trois coups seulement il libéra la capsule et soudain, une lumière intense de couleur bleue illumina tout l'endroit. En un instant, sa mère sut instinctivement qu'il venait de se produire quelque chose et elle hurla:

        - "Roméo"

          Mais son appel se décomposa entre ses lèvres qui s'effritaient déjà. Ses yeux humides perçurent le rayonnement juste avant d'être éteints à jamais, elle s'effondra parmi les décombres de sa maison. Une à une, les machines de terrassement s'arrêtaient de fonctionner. L'herbe, bien qu'arrosée par une pluie incessante, jaunissait à vue d'œil. Dans le ruisseau, la fiole bleue était retombée dans l'eau et le courant emportait maintenant la lueur vers le lointain, éradiquant tout sur son passage.

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Chapitre 12

RENDEZ -VOUS

         La sonnerie stridente de son réveil fit sursauter Alain Sélignon dans son lit. Après un juron marmonné entre ses lèvres sèches, il s'étira, puis jeta la couverture sur la moquette. Il s'assit sur le bord du lit et pris ses cheveux crasseux entre ses mains et se les frotta vigoureusement. Il attrapa la bouteille d'eau minérale qui était couché au pied du lit et bu une gorgée d'eau fraîche. Puis, reposa la bouteille debout, il aperçut une canette de bière vide non loin de là.

        "quelle cuite" pensa t'il et il se dressa sur ses deux jambes. Se dirigeant péniblement vers la salle de bains, il fit une pause devant son bureau et alluma l'ordinateur avant de poursuivre son parcours qui le menait jusque dans la douche. Cheveux en bataille, une serviette nouée autour de sa taille, il ressortit quelques minutes après de sa salle de bains et s'assit devant son ordinateur. Il consulta sa boîte aux lettre électronique et, un des premiers messages qu'il lut émanait de son chef au bureau:

        - n'oublie pas ton rendez-vous au Palace Grand Empire à 9 heures. signé Philippe Ranier

        - "quelle heure est-il ?" s'interrogea t'il lui-même

        Après avoir eu la réponse à sa question en regardant au bas de l'écran, il précipita son émergence du sommeil en avalant rapidement une tasse de café. Il s'habilla en catastrophe et, cherchant ses clés dans la poche de son veston, il trouva un papier plié dans sa poche, il le déplia et reconnu le procès verbal dressé par le gendarme François Gilbert. Dans un état d'alcoolémie peu recommandable, Alain s'était vu dressé cette contravention la veille au soir au volant de sa Porsche flambant neuve.

        Lorsqu'il monta dans sa voiture, il maugréa en regardant le désordre qui y régnait. Jetant sur le tapis du passager tout ce qui encombrait son installation pour conduire, il tomba sur une des cannettes de Drink aux reflets bleutés qui les avaient mis lui et Armèle Andrieu sa collègue et maîtresse dans un état second. Il ramassa la canette en forme de cylindre bombé à une extrémité, et la renversa par la fenêtre pour vider les dernières gouttes du liquide bleu fluo accentué par des colorants mêlés à l'alcool. Il revécut un instant l'âpre discussion qui avait précédé le départ précipité d'Armèle la veille. L'enjeu de la séparation qu'Alain voulait obtenir entre Armèle et Paul-Henri Saranah son concubin était la fille d'Armèle. Et maintes fois déjà, Astrid avait fait l'objet de négociations entre les deux amants journalistes. La fillette qui venait d'avoir 10 ans était la cause de cette nouvelle dispute qui avait eu lieu alors même que la soirée avait plutôt bien débuté. Fêtant sa nouvelle acquisition, Alain avait voulu baptiser la Porsche en l'étrennant par une folle nuit d'amour appuyée par l'alcool, et tout son projet bien mené jusque là, s'était terminé au pied de son immeuble quand Armèle avait simplement dit qu'elle devait retrouver sa fille.

        En quelques minutes, Alain rejoignit le palace où l'attendaient déjà Ranier et Sonia Melvill dans le grand hall. Il pesta intérieurement: cette peste de Sonia l'avait de nouveau grillé et il savait comment elle avait obtenu le renseignement. Aussi, quand il arriva à leur hauteur pour saluer son patron et Sonia, il lança à cette dernière:

        - "papa Braceht va bien ?"

        Alors que Philippe le fustigeait du regard, Sonia répondit sur un ton non moins narquois:

        - "Monsieur le Ministre de la Communication se porte comme un charme, je vous remercie"

        Pour Alain, l'interview à laquelle il allait participer était un scoop duquel il aurait voulu être seul à tirer les marrons du feu, mais hélas pour lui, l'ambitieuse Sonia Melvill avait des relations bien placées qui lui avaient permis de précéder Sélignon sur son propre terrain.

        Un journaliste d'Euro-News Chanel s'approcha et annonça à Philippe Ranier:

        - "le Falcon de la FRALEC vient de se poser à Roissy, ils sont là"

        - "merci, Gilles"

        Puis il invita les deux journalistes à s'asseoir à une table dans le hall et entreprit de réviser avec eux la façon dont allait se dérouler l'interview:

        - "je gère le déroulement et je vous passe la parole quand moi je le décide, c'est bien vu ?" il disait cela en se penchant et en baissant le son de sa voix dans un conciliabule quasi militaire.

        - "Borlov sera accompagné de Moss son bras droit, et, à mon avis, celui-ci aura aussi des choses à dire, mais avant de le cuisiner, je vais essayer de vider le sac d'Andreï Borlov"

        Alain questionna:

        - "tu lui parles de Reban dès le départ où tu préfères que ce soit l'un de nous deux qui lui en parle ?"

        - "On verra comment il réagit quand j'aborderai la question du blocus, il faut qu'on l'oblige à nous donner quelques infos sur sa position officielle vis à vis de la France"

        Sonia continua:

        - "Et s'il réserve ça au Président ?"

        - "j"essaye d'obtenir une exclusivité pour après sa rencontre avec lui, je pense qu'on sera les premiers sur ce coup là"

        - "ça, je n'en doute pas un instant" dit Alain en agressant Sonia d'un regard le plus noir possible.

        - "ça suffit !" ordonna Ranier "on a un job, on va le faire, point !"

        Puis, tentant de remettre de l'ordre dans ses troupes, il ajouta:

        - "Si tu as des objections à faire sur les démarches que nous conduisons pour être en tête de l'audimat, tu sais ce qu'il te reste à faire" cette remarque s'adressait à Alain Sélignon.

        Melvill en rajouta:

        - "la jalousie ne te réussit pas, il paraît pourtant que tu es brillant pour griller les autres journalistes sur d'autres terrains" elle connaissait en effet sa relation avec Armèle, la concubine de leur collègue Saranah.

        Mais la discussion prit fin avec l'arrivée de la délégation russe. Tous les journalistes présents dans le hall se levèrent comme un seul homme et caméras et micros étaient tendus vers le petit groupe qui franchissait les portes du palace parisien. Andréï Borlov était encadré du commandant Moss et du colonel Melhoued, de l'ambassadeur ainsi que d'une brigade de policiers et de gardes du corps.

 Alain Sélignon était resté prostré dans son fauteuil et pensa:

        - "c'était le scoop à ne pas rater, et je ne suis pas sur la première marche. J'espère au moins que pour Reban, ce terroriste international, c'est moi qui aurais le privilège de faire dire à Moss qu'il l'avait protégé avant de devenir le bras droit du président russe Andreï Borlov".

        Puis, avalant cul sec le verre de bière qu'il tenait à la main, il s'apprêta à se lever quand son regard tomba sur un article du journal que Ranier avait négligemment posé sur la table. Le journal était plié à la page des faits divers et un titre avait attiré son attention. Il prit le journal en main et se rassit en s'affalant. Il relut le titre: "Une prostituée tuée par balle à Berlin". Il sentit ses oreilles se boucher et toute l'animation qui régnait à présent dans le hall lui fut étrangère, tandis qu'il lisait l'article:

        "Anika Grezzel 32 ans a été sauvagement tuée d'une balle dans la tête dans une ruelle des quartiers proches de la gare Gesundbrunnen à Berlin, d'après les enquêteurs qui ont recueilli les témoignages des éboueurs qui l'ont découverte, il pourrait s'agir d'un règlement de compte dans le milieu de la prostitution"

        Le sang d'Alain se figea et tout le contenu de son étrange cauchemar de la nuit passée lui revint en mémoire, il se leva dans un état de semi-conscience et, alors que Ranier le cherchait du regard, il tomba de tout son long en plein milieu du hall. Le bruit de sa lourde chute fit se retourner tout le monde et un homme se précipita à ses côtés, bientôt rejoint par Sonia et Philippe:

        - "ça ne va pas monsieur ?" questionna quelqu'un en lui tapotant sur la joue.

        - "une ambulance, vite" cria une autre personne

          Puis, voyant qu'il revenait à lui, Sonia lui adressa ces mots:

          - "qu'est-ce qui t'arrive, tu ne tiens plus l'alcool ?"

          Alain la regarda sans vraiment que son regard ne se fixe sur son joli visage encadré d'une magnifique chevelure blonde. Il ouvrit les lèvres avec lenteur, ses yeux semblaient tourner dans leurs orbites et il dit quelques mots que personne ne réussit à entendre, tellement ils étaient étouffés.

          Sonia se pencha pour mieux entendre et lui fit répéter:

          - "hein ? qu'est-ce que tu dis ?"

          - "on est foutus, … météorites"

          Puis il s'évanouit

          Posant la tête de son collègue délicatement sur le sol, Sonia se releva et se tourna vers son patron:

          - "décidément, ce type n'est pas fait pour ce boulot, et, en plus, il pue l'alcool"

          - "qu'a t'il dit ?" demanda Philippe

          - "une histoire de météorite, je n'ai pas bien compris"

          A peine venait-elle de terminer sa phrase que la grande verrière qui surplombait le hall du palace vola en éclat et les milliers de bouts de verre se fracassèrent sur le carrelage plus de vingt mètres plus bas, en blessant au passage les dizaines de personnes regroupées autour de Sélignon. Celui-ci réagissant au bruit de fracas eut un sursaut qui le tira de sa commotion. Le visage pointé vers le ciel il vit descendre les morceaux irisés du magnifique vitrail qui faisait la fierté du palace et plus précisément il suivit du regard un grand éclat qui s'abattit dans un terrible fracas sur son torse. Avant de perdre définitivement conscience, la tête inclinée sur le côté, il vit les corps mutilés de ses collègues, et des personnalités qui étaient là, gisant parmi les débris ou bien courant ensanglantés à travers le hall en criant. Ses yeux se brouillèrent et il eut juste le temps encore de voir rouler jusqu'à lui un petit cailloux noir et fumant.

          C'était une petite météorite.

FIN 

coupole

Verrière - Coupole

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