Jean-Marc ¤ Mes Contes Fantastiques ¤

28 juillet 2010

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Merci chers lecteurs,

vous m'encouragez à écrire par votre assiduité. 

 

Le BLOG fait peau neuve,
désormais vous pourrez découvrir mes nouvelles publications
par un court extrait en ligne
la totalité sera disponible sous forme d'un fichier au format pdf.

N'hésitez pas à les commenter !

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Note importante concernant la présente publication

Ce récit n'a pour but que de divertir le lecteur, toute ressemblance avec des personnes,

des lieux ou des situations existantes ou ayant existé est purement fortuite.

Les patronymes et fonctions ne font nullement référence à la réalité de

personnes morales ou physiques, ils sont le fruit de la création de l'auteur.

La reproduction totale ou partielle de ce texte est

strictement soumise à l'autorisation de son auteur

sans laquelle des poursuites pourraient être engagées.

Il en va de même de la protection juridique du Blog sur lequel l'auteur publie ce texte.

Tout contrevenant s'exposerait aux lois régissant les droits d'auteurs et la contrefaçon.

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Liste des nouvelles

LUEUR BLEUE

  • Résumé:

L'histoire commence avec un drame qui se joue dans un quartier sombre et mal famé de Berlin. La suite des événements surprendra autant les lecteurs que les personnages de cette étrange histoire.

  • La Genèse:             

Lueur Bleue fut l'un des premiers récits que j'ai écrit au complet, pratiquement en une seule fois (c'est à dire sans corriger l'histoire). L'idée de mettre cette nouvelle sur un blog m'est venue pour sortir de mes tiroirs les nombreuses nouvelles que j'y avais rangé sans jamais les faire lire. Le titre n'est venu qu'avec le récit complet, c'est pourquoi, pour le comprendre, il faut lire toute l'histoire.

Lueur_Bleue___Partie_1
Lueur_Bleue___Partie_2

 


ABSENCE

  • Résumé:         

Rien, vide, c'est ce qualifie ce récit qui démarre par un mystère. Le titre évocateur saura expliquer tout, sauf ce qui se passe !

  • La Genèse:             

Curieusement, ce récit me paraissait évident jusqu'au jour où je me suis retrouvé moi-même piégé par le déroulement. L'épilogue semblait s'éloigner avec le déroulement de l'histoire. Mais "Collision" a été la clé qui a ouvert la porte de la fin du récit.

Absence

COLLISION

  • Résumé:      

            Ca commence avec une gigantesque catastrophe, mais, est-ce bien réel ?

  • La Genèse:             

Cette histoire a été écrite simultanément avec "Absence". Il me fallait établir un lien, vous découvrirez en lisant les deux nouvelles l'une à la suite de l'autre (Absence puis Collision) quel est le rapport entre ces deux histoires incroyables.

Collision___Partie_1
Collision___Partie_2

 


LE GOUFFRE DU NOIRMONT

  • Résumé:         

Retour au 18ème siècle avec les mémoires d'un mourant qui révèle un douloureux secret porté depuis trop longtemps.

  • La Genèse:             

Avant Lueur Bleue, cette histoire était déjà dans mon imagination, mais elle n'a pu voir le jour qu'en me documentant, en lisant beaucoup de ces récits légendaires de la France d'autrefois. L'histoire se termine par une question qui entretien sa propre légende.

Le_gouffre_du_Noirmont

LA COULEUR DU MIROIR

  • Résumé:   

Un petit garçon apprend "la vie" avec toutes ses réalités.

  • La Genèse:             

Ce récit est le fruit de ma participation à un concours de nouvelles autour du thème des couleurs. Il est plus court que la moyenne des autres car le règlement imposait des limites dans le nombre de pages.

La_couleur_du_miroir

DESTINATION... INCONNUE

  • Résumé:   

            Mission vers Mars, ultime chance pour sauver la Terre ?

  • La Genèse:             

Je dois dire que ce récit m'a été inspiré par le recoupement de nombreux films de science fiction. Mais il reste une histoire originale à ma connaissance sans équivalent dans le cinéma.

Destination_inconnue


LE PASSANT DE MES JOURS

  • Résumé:   

            La rencontre décisive d'un homme englué dans ses déboires professionnels et d'un homme qui va changer sa vie.

  • La Genèse:             

C'est sans doute l'histoire qui, bien qu'elle reste imaginaire, me touche le plus parmi mes publications. Elle n'est pas autobiographique, mais révèle une partie de moi dans cet homme.

Le_passant_de_mes_jours

DECHIRURE

  • Résumé:   

            Un homme dont le réveil va s'avérer dangereux

  • La Genèse:             

Pour ma deuxième participation au concours de nouvelles dont le thème était "énergie de vivre", j'avais écrit ce premier texte. Finalement c'est "Le souffle de vie" (voir ci-dessous) que j'ai choisi pour le concours.

Déchirure

 

LE SOUFFLE DE VIE

  • Résumé:   

            Un jour confus pour la personne qui écrit ces lignes. Que lui est-il donc arrivé ?

  • La Genèse:             

Après avoir écrit Déchirure, je me suis ravisé et ai écrit cette nouvelle qui me paraissait plus mûre dans ma quête pour  séduire le lecteur.

Souffle_de_vie


... Le prochain récit est en cours de rédaction !

 

Posté par Guy_L à 21:51 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

29 juillet 2010

LUEUR BLEUE (extrait)

Couverture_style 

Chapitre 1

ANIKA

Le bruit que faisaient les talons montants sur le trottoir laissait deviner que le pas se pressait, révélant le désir qu'avait Anika de fuir au plus vite ces ruelles sombres qu'elle arpentait depuis le début de la soirée. Frénétiquement, elle fit glisser ses doigts sur les billets qui garnissaient son sac à main et qui constituaient son revenu pour la journée. Elle s'efforçait de recompter mentalement ce que chacun de ses clients lui avait versé et se dit qu'elle avait réalisé un de ses meilleurs bilans.

Un frisson l'envahit, car malgré son long manteau d'hiver, le froid naissant en ce début de novembre s'engouffrait et ce n'étaient pas les courts vêtements qu'elle portait en dessous qui la réchauffaient. Elle avait peur aussi, car le quartier était mal fréquenté et son gagne-pain pouvait susciter la convoitise des rôdeurs qu'elle pouvait croiser à une heure aussi tardive. Elle jeta un rapide coup d'œil à sa montre, elle ne voulait pas manquer le dernier train qui la ramènerai chez elle et qui partait à 23h30.

         Elle pensa à sa fille Astrid qui dormait depuis déjà plusieurs heures et elle sourit en pensant que d'ici l'été elle aurait accumulé assez d'argent pour lui payer de vraies vacances au bord de la mer. Depuis sa naissance, lorsque Gherart les avait abandonnées, Anika avait cherché un travail qui lui permettrait de payer son loyer, mais ses bagages scolaires étaient loin de lui ouvrir toutes les portes et elle s'était résignée à quelques petits boulots souvent temporaires. Mais rapidement sa situation était devenue précaire et elle craignait que les services sociaux ne lui retirent sa fille.

La peur au ventre, mise au pied du mur, la jeune femme avait commencé à offrir ses charmes en pensant que c'était provisoire, mais le temps n'avait pas arrangé sa situation et elle comptait toujours sur des lendemains meilleurs. Elle avait bien songé à quitter sa ville natale, mais Berlin lui avait tant apporté, elle avait vécu l'histoire en assistant au démantèlement du mur, et puis, elle ne savait pas où aller. Elle avait espéré trouver en Gherart Bruckner un héros libérateur qui l'aurait emmené à sa suite vers d'autres cieux, mais c'était sans compter la naissance d'Astrid qui avait fait perdre ses esprits à cet ancien soldat qui ne voulait pas assumer son nouveau rôle de père. Elle l'avait connu juste après la chute du mur en pleine période de réunification des deux Allemagne. Il symbolisait à ses yeux la libération de ce régime qui avait tant perturbé sa famille pour finalement la décimer quelques années avant les évènements de 1989. Gherart était entré dans sa vie alors que les berlinois fêtaient jour et nuit, des semaines durant, la fin d'une époque totalitaire. A bord de sa Traban qu'il avait racheté pour une bouchée de pain à un habitant de l'est, il avait faillit la renverser, tant les freins de cette antiquité roulante étaient peu efficaces. D'abord sous le choc de cet accident évité de justesse, elle était vite tombée sous le charme de ce beau blond, qui avait usé de tout son talent de séducteur pour lui présenter ses excuses. Quelques verres et quelques rencontres plus tard avaient eu raison de la jeune femme. Désormais, elle en était convaincue, c'est lui qui lui permettrait de surmonter l'absence de sa famille.

Anika releva la tête en entendant au bout de la Brenslerstrasse le trafic d'une rue plus passante et ce bruit la rassura. Elle n'était plus bien loin de la gare maintenant et le train arriverait à quai dans seulement vingt minutes, ce qui lui permit de ralentir son pas. Une fois à bord du train qui la mènerait jusqu'à la banlieue nord de Berlin, elle pourrait s'adonner à la lecture du FrauMagazin qu'elle avait acheté plus tôt dans l'après midi, et notamment de la page des annonces où figurent parfois des employeurs potentiels. Elle distinguait à présent les lumières de la grande rue et les bruits de la circulation se faisaient plus distincts.

         Elle perçut à peine le petit sifflement qui précéda la violente douleur qu'elle ressentit soudain à la poitrine. Hébétée, elle baissa la tête et aperçut la tache de sang qui commençait à maculer son manteau beige clair. Elle laissa tomber son sac à main sur le trottoir et, endolorie par la blessure, elle fit un effort considérable pour desserrer la ceinture qui enserrait son corps afin d'ouvrir son manteau et de voir ce qui venait de la frapper. Une larme perla à son œil, et les forces commençaient à lui manquer. Les maisons accolées devenaient floues, les bruits de la rue distante d'à peine quelques dizaines de mètres s'estompèrent et, dans un ultime effort, elle ouvrit son manteau juste avant que ses jambes ne la trahissent.

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ABSENCE (extrait)

Absence

Chapitre 1

Premier jour

            Bernard Hill sursauta dans son lit, décidément, la sonnerie stridente de son réveil ne lui convenait pas et il se dit qu'il allait l'échanger contre un modèle moins agressif dès aujourd'hui. Il savait pertinemment qu'il était six heures, mais consulta néanmoins l'affichage du réveil pour se persuader que, hélas, la journée venait de commencer pour lui et qu'il lui fallait se rendre au bureau. Péniblement et en ronchonnant, il s'étira et se dressa pour s'asseoir sur le bord du matelas. Il enfila ses tongs, vestiges de ses dernières vacances et dont il n'avait pu se défaire, sans doute par nostalgie pour cet endroit paradisiaque où il avait séjourné.

            Tout en regardant ses pieds il se remémora précisément les belles plages de Malte, le soleil, la mer, tout cela n'était à présent que souvenirs et la réalité était plus prosaïque, car il s'agissait de se donner le courage de reprendre le travail. Son avion avait atterri la veille et, étant donnée l'heure tardive, il n'avait guère eu le temps de ranger ses affaires. Il se contenta d'un rapide coup d'œil au travers de la pièce pour repérer chemise et pantalon, ignorant volontairement le sac de voyage débordant de linge sale qui gisait sur le plancher.

             [...]

 Arrivé à l'étage où Bernard travaillait, il se précipita vers les bureaux de Publicis Employement. Un calme effrayant pour lui régnait en ces lieux. Bien sûr, comme il s'y était préparé, il n'y avait personne. D'ordinaire, l'activité de l'agence était telle que trouver un endroit silencieux eût été une utopie, mais aujourd'hui il régnait une atmosphère digne d'un cimetière. Seuls les appareils ronronnaient au rythme de leurs ventilateurs. Les ordinateurs fonctionnaient, la photocopieuse était en marche, mais personne n'avait préparé de café, le téléphone ne sonnait pas, et tout était entreposé comme pour un jour ordinaire, les papiers des uns et des autres jonchaient les bureaux encombrés. Il y avait même un gobelet de café encore plein posé sur le bureau de Jacky, son plus proche collaborateur. Après avoir fait le tour des bureaux vides, il sortit dans le couloir et se dirigea vers la porte de la World Compare Agency, qui jouxtait Publicis Employement, sonna, puis n'obtenant pas de résultat, frappa la porte avec l'énergie de la peur qui commençait à monter en lui. Il tenta d'ouvrir la porte, et, par chance celle-ci n'était pas verrouillée. Sans surprise, il trouva les locaux aussi vides que ceux de sa propre compagnie et la sueur coulait à présent sur son visage.

             - "qu'est ce qui se passe ici ?"

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COLLISION (extrait)

Collision

Chapitre 1

VOL CA1356

            Le tintement des tasses dans le chariot dans l'allée centrale annonça l'arrivée de la collation:

- "Café, thé, chocolat ?

            - "café s'il vous plaît" répondit James Palwick en souriant

C'était son cinquième café de cette traversée qui semblait ne pas en finir. Un peu plus tôt, le pilote avait annoncé qu'en raison d'un orage, le vol subirait une légère modification de trajectoire et qu'il faudrait prévoir environ 20 minutes de retard. James se pencha vers le hublot à sa gauche, le ciel était gris, et, malgré l'altitude à laquelle volait le Boeing, il n'avait pas réussi à sortir de ces nuages pour gagner le soleil. Toulouse était encore à une heure de vol et la descente n'était pas pour tout de suite.

            Après lui avoir remis un plateau avec une viennoiserie et son café, l'hôtesse rendit son sourire à James et poursuivit sa distribution en avançant au rang suivant.

            - "attention, il est très chaud" prévint sa voisine de siège.

            - "merci Audrey, vous êtes comme une mère pour moi" dit-il en la regardant malicieusement.

Mais sa jeune et jolie secrétaire, apprécia moyennement la boutade et se replongea dans sa lecture en haussant légèrement ses épaules. Et quelles épaules! James avait beau connaître Audrey depuis trois ans déjà et ne pas s'être limité à ne connaître d'elle que ses épaules, il en aurait renversé son café de distraction si elle n'avait pas esquissé un regard furtif dans sa direction pour le ramener à l'ordre. James Palwick se dit que dans quelques heures ils seraient tous deux à l'hôtel et que là, plus rien ne les empêcherait de se laisser aller à leur ébats amoureux. Il était de ces patrons qui profitaient des voyages d'affaires pour assouvir sa passion pour son amante de collaboratrice. Et Audrey y trouvait son compte, car elle savait bien qu'un jour ou l'autre il la laisserait tomber, mais entre-temps, elle aurait fait ses armes dans le métier et beaucoup voyagé. Et puis, finalement, James était bel homme et lui apportait beaucoup de plaisir.

Le rituel de distribution de café se poursuivait au rang 24 où David, Helen et leurs deux enfants avaient tous les quatre demandé un chocolat. Mielew le cadet n'avait d'yeux que pour le petit gâteau qui était à sa portée sur le chariot et Marie-Agnès, gentiment, le lui tendit quand elle s'aperçut qu'il lorgnait dessus. Clark son aîné eut aussi droit au même cadeau et en fut ravi. Lorsque Marie-Agnès progressa vers le rang suivant, et que l'allée fut dégagée, madame Florentine Gerwald se tourna vers Helen:

- "vous avez deux beaux enfants"

- "Sorry ?" fit Helen qui ne comprenait pas le français

- "Elle dit qu'on a de beaux enfants" traduisit David pour elle, puis il se pencha vers la vieille dame et la remercia:

- "merci, chère madame… vous voyagez seule ?" dit-il pour meubler un peu ses remerciements.

- "oh ! non, je suis avec mon gendre et ma fille, ils sont assis juste derrière".

- "mmm" acquiesça David poliment avant de se replacer sur son siège.

On sentait la fatigue envahir progressivement les passagers qui profitaient du passage de l'hôtesse pour entamer une discussion, qui avec son voisin, qui avec sa famille, secrétaire, ou à défaut avec Marie-Agnès elle-même. Elle était en quelque sorte la confidente de circonstance à qui on pouvait adresser quelques mots afin de rompre la monotonie de ce long voyage. Elle portait un magnifique tailleur rose aux couleurs de la compagnie et réveillait les fantasmes des jeunes et moins jeunes hommes voyageant dans cet avion. Pourtant, bien qu'elle répondait toujours avec courtoisie aux clients les plus avenants, elle ne cessait de penser à son gentil Patrick qu'elle avait épousé quelques mois auparavant à Marseille. Et, ce soir, après que l'avion eut fait un dernier saut de puce entre Toulouse Blagnac et Marseille, elle serait dans ses bras.

Marie-Agnès Sinths était la plus jeune des trois hôtesses du vol CA1356 et elle terminait bientôt sa cinquième traversée de l'Atlantique depuis quatre semaines. Auparavant, elle travaillait à Canadian Airlines, mais depuis qu'elle avait rencontré Patrick Armandier, elle avait choisi de changer d'employeur pour être plus souvent à Marseille. Ses deux autres collègues, elles, voyageaient depuis bien plus longtemps sur le "New-York – Toulouse" et Sandra Kelkow, la chef de cabine, ainsi que Jackie Lamborell avaient plusieurs dizaines de traversées à leur actif.

L'avion survolait à présent la côte Atlantique, et descendit dans un couloir aérien inférieur, conformément à son plan de vol. La météo n'était guère plus agréable en France que durant les dernières heures, la pluie faisait ruisseler des filets d'eau horizontaux le long des hublots et cela masquait la vue. Pourtant après la monotonie des nuages et de l'océan, tous auraient bien voulu apercevoir le sol avec ses nuances de couleurs. Il est amusant de constater qu'une vue aérienne transforme en univers lilliputien notre environnement naturel et artificiel: les villes sont identifiables par les grosses taches reliées par des traits où circulent de minuscules fourmis montées sur roues. De temps à autre, le survol d'un lieu connu nous fait découvrir avec émerveillement une vision nouvelle d'un monument, d'un lac, d'un pont ou de tout autre chose. Malheureusement, pour l'heure, le panorama était plutôt flou et gris.

Au même instant, l'opérateur de la tour de contrôle de Toulouse Blagnac annonça au pilote qu'il prenait en charge son signal. Courtoisement, il salua les canadiens en leur souhaitant la bienvenue en France. Et sa sympathie fut récompensée en retour par une petite réponse en français, agrémenté de cet inimitable accent québécois.

Edwin Howking s'adressa à son copilote:

- "je te laisse deux minutes, je vais rechercher du café chez les miss"

- "Ok !" et Alberto Maroucci bascula la commande micro sur son casque.

            Dans le sas qui séparait le poste de pilotage de la cabine passagers, Edwin croisa le regard de Sandra. Il s'approcha d'elle et, la serrant dans ses bras, l'embrassa avec passion. Chaque voyage était le prétexte pour permettre à leur relation illégitime de s'extérioriser. Ils s'aimaient en secret, mais seulement de leurs conjoints respectifs. En réalité, leurs collègues et pour certains, amis, faisaient semblant de ne pas être au courant. Le cliquetis des anneaux du rideau les extirpa de leur moment d'intimité:

            - "pardon !" fit Marie-Agnès gênée, "vous voulez du café ?" ajouta t'elle comme pour s'excuser d'avoir interrompu le langoureux baiser.

            - "merci, j'étais justement venu en chercher" et Edwin attrapa la bouteille thermos que lui tendait Marie-Agnès. Puis il tourna les talons en clignant de l'œil vers Sandra au passage.   

            Sandra quitta elle aussi le petit réduit évitant ainsi les silences explicites, elle préféra remplir son rôle en vérifiant de proche en proche que chaque passager avait été servi et qu'il était satisfait du service. En professionnelle qu'elle était, elle s'était re-concentrée sur sa mission, laissant en arrière et pour plus tard ses passions amoureuses. Elle ramassa consciencieusement une revue tombée dans l'allée et la glissa dans l'aumônière devant les jambes du passager endormi qui l'avait laissée tomber.

            Une déflagration assourdissante pulvérisa le réacteur extrême droit de l'avion, tout le fuselage en fut ébranlé et une énorme boule de feu lécha les hublots, illuminant tout l'intérieur de la cabine passagers.

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LE GOUFFRE DU NOIRMONT (extrait)

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mourant

 Prologue  

                Ami, qui que tu sois, si tu lis ce récit, tu dois savoir qu'il m'a été confié par un mourant alors qu'il achevait sa vie au Prieuré de Villedieu les Rochejean. J'ai transcrit ce témoignage selon ses dernières volontés pour qu'il reste à jamais trace de son étrange histoire.

 Je m'appelle Frère Bastien et je vais sur mes quatre vingt ans. A l'heure où j'écris moi-même ces mots, ma santé me fait quelque fois défaut, mais j'ai encore bon souvenir de ce que m'a raconté cet homme, Benoît le Faucheux comme on l'appelait dans la contrée.

Il est venu frapper à la porte du monastère alors qu'il se savait déjà perdu. La maladie le rongeait de l'intérieur et il n'y avait personne qui puisse rien faire pour le guérir, car nul ne savait comment traiter son mal.

Alors, nous, Frères de Villedieu, nous l'avons accompagné jusqu'à son dernier souffle, et en temps que Père supérieur, c'est moi qui l'ai veillé. Voici donc ce qu'il m'a conté:

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LA COULEUR DU MIROIR (extrait)

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             Le bruit d'un marteau piqueur burinant la chaussée au bas de son immeuble réveilla Johann en sursaut. Emergeant péniblement de son sommeil rompu si brutalement, il réalisa que le jour s'était levé sans lui. Le temps de remettre son cerveau en activité, ce jour qui naissait lui sembla soudain familier. La veille en effet, il s'était endormi avec l'impatience de celui qui attend le jour de ses dix ans, et c'était aujourd'hui pour le petit garçon.

 La porte de sa chambre s'entrouvrit, et le visage maternel qui se dessina dans l'entrebâillement lui extirpa un sourire.

 "Bon anniversaire mon chéri !",

"Chouette ! Merci maman" répondit en écho Johann en bondissant hors de ses draps.

Josiane se dirigea vers la fenêtre et sitôt qu'elle eût tiré sur la sangle et que le volet commença à se lever, un puissant rai de lumière envahit la petite chambre. Traversant le vitrage parsemé de décorations diverses et sali par des traces de doigts, le soleil projeta sur le mur en vis à vis un arc-en-ciel multicolore. Johann se frotta les yeux encore embrumés et se rendit en courant vers la cuisine où l'attendait déjà, pensait-il, son petit déjeuner.

Mais non ! Point de bol sur la table, pas plus que de pain, confiture et autre beurre. La table était déserte et propre. Johann, incrédule, se retourna brusquement et son visage interrogateur disait les mots qui ne sortaient pas de sa bouche. Dans l'encadrement de la porte, François, son père et Josiane, se tenant tous deux par la taille le regardaient en souriant. Le petit garçon ne comprenait pas

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DESTINATION... INCONNUE (extrait)

DI

 
 

Chapitre 1 - Magellan

            A vingt quatre heures du départ, Cyril Ferbuth n'arrivait pas à avaler une bouchée de ce dernier repas terrestre pourtant bien appétissant. Soniah Hackenroether le regarda fixement avant de lancer un: - "ça va ?" circonstancié. Mais elle non plus n'avait pas faim.

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12 juillet 2011

LE PASSANT DE MES JOURS (extrait)

 

trottoirChapitre 1 - Jour ordinaire

Tandis que j'arpentais la rue en ruminant tout cela, mon esprit concentré par mes préoccupations, je faillis trébucher sur les jambes d'un malheureux bougre qui semblait mendier, adossé au mur d'un immeuble...

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DECHIRURE (extrait)

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Cent soixante, cent soixante et un, tel un métronome ce bruit ne cessait d'occuper tout l'espace de ce qui s'offrait à moi. Un bruit sourd, obsédant, entrecoupé de temps à autre d'un intervalle de temps légèrement plus important, et puis, il revenait, inlassablement.

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02 décembre 2011

LE SOUFFLE DE VIE (extrait)

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Quand je revois la scène, un grand trouble m'envahit. Je voudrais que rien de tout cela ne soit arrivé. Pourtant, avec le temps, j'apprends à vivre avec. Il y a donc un avant et un après, mais surtout un éveil, une seconde vie.

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